Challenge Femmes du Monde

Nouveau challenge afin de faire connaître les femmes écrivains du monde entier et leur condition

 (ouvrages publiés entre 1970 et aujourd'hui). De l'Iran à L'Italie du sud en passant par l'Afrique

 et l'Océanie, sur chaque continent, des femmes témoignent. A vous de relayer leur voix. Ce challenge est à durée illimitée. Peu à peu sera constituée une liste des femmes de lettres du monde entier sur la colonne de droite.

 

  Dépôt des candidatures et des billets ici !

 

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 19:21

Etre une femme et dans un pays communiste : la double peine.

On ne finira jamais d’exploiter le thème de la condition de la femme en littérature. Ca devient plus difficile, année après année, de prendre la relève d’écrivains célèbres à travers le monde qui, dans leurs essais ou romans, on dénoncé unesoumission de la femme par l’homme qui semble inhérente à la condition féminine. Avec Purge, Sofi Oksanen délivre un message cinglant avec une violence très maîtrisée. Du grand art.

 RÉSUMÉ :

La vieille Aliide n’a jamais quitté son Estonie natale. L’ère communiste est terminée mais la méfiance et la peur restent bien ancrées et polluent les relations humaines. L’apparition de la mystérieuse Zara, dépenaillée, terrorisée, fuyant la violence d’un homme, est l’occasion pour Aliide de se remémorer un passé bien peu glorieux, qui finit par la rattraper.

MON AVIS : un roman époustouflant, un parallèle terrible entre la souffrance individuel et la domination collective.

L’idéologie communiste aurait pu sonner le glas de l’asservissement de la femme. “Camarades”, travailleurs, au service d’un bien commun et d’un avenir lumineux, hommes et femmes pouvaient être membres des jeunesses communistes, faire des études, s’élever dans la hiérarchie du Parti et accéder aux honneurs… en théorie. Dans les faits, rien ne semble jamais pouvoir venir à bout d’une fatalité millénaire. Si Aliide ne trouve pas rapidement un mari, elle devra supporter les moqueries des villageois. Ses qualités ne seront jamais que celles qui brilleront au grand jour dans la tenue de sa maison, la qualité de sa cuisine, la réussite de ses conserves, la quantité de lait qu’elle fera jaillir du pie de la vache.

On comprend que Zara ait souhaité fuir un destin qui, 50 ans après, n’offrait rien d’autre à la jeunesse post-communiste. La jeune femme se trouve prisonnière d’un proxénète de la pire espèce, dans une capitale étrangère. Subissant les pires humiliations, privée des commodités primaires, violentée, battue, elle finit par s’échapper en s’étonnant de ne pas y avoir pensé plus tôt, et se réfugie chez Aliide.

Aucune brèche dans le récit, aucune faille dans la démonstration implacable de l’auteur: telle une araignée, Sofi Oksanen tisse une toile qui se referme inexorablement sur le lecteur. Toutes les femmes subissent la domination masculine; la différence, finalement, réside en la petite part de liberté qu’elles parviennent éventuellement à conserver sans en avoir l’air.Purge n’est pas une fiction, est-il besoin de le rappeler?

JE VOUS LE CONSEILLE SI…

… vous êtes sensible à la condition féminine. Purge est un roman extrêmement bien écrit et qui reflète fidèlement une réalité décourageante.
… plus prosaïquement, Purge est aussi un merveilleux témoignage sur la vie quotidienne des femmes et leur travail harassant pour faire vivre la famille: récolte des légumes, mise en conserves, fabrication du yaourt, réalisation des confitures… Les journées se suivent avec leur lot de corvées que les femmes réalisent souvent ensemble, se serrant les coudes, bavardant, travaillant d’arrache-pied.

EXTRAIT :

Le mariage comme protection et rédemption : torturée par les communistes, Aliide cherche son salut en épousant… un fervent membre du Parti.

Si elle recevait, en se mariant avec Martin, une sorte de garantie pour sa sécurité, il y avait une autre chose importante qu’elle obtenait par le mariage. Elle devenait tout à fait comme n’importe quelle femme, ordinaire. Les femmes ordinaires se mariaient et faisaient des enfants. Elle en était une.
Si elle était restée célibataire, tout le monde aurait pensé qu’elle avait un problème. [...] S’il y avait une raison qui faisait d’elle une sous-femme, une femme qui n’était pas au goût des hommes ou qui n’était pas capable d’être avec un homme. Quelque chose qui faisait d’elle une femme délaissée.

 

 

chroniqué par HélèneChoco

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 19:15

      Italie

C’est qu’il a certainement abusé des livres de Milena Agus…

L’auteur a en effet trouvé une recette savoureuse, légère et pétillante pour concocter des romans pleins de féminité, de magie et de poésie. On retrouve dans chacun de ses livres des ingrédients récurrents.

La famille déjantée est au cœur de la toile tissée par l’auteur, avec une mère fragile et craintive, un père volage mais aimant, un frère terrorisé par ses camarades d’école. Ajoutez à cela une bonne louche de sexe sulfureux entre une adolescente et un homme marié, doublé d’un soupçon de sado-masochisme  qui enrobe d’amertume cette histoire aigre-douce. On saupoudre de Dolce Vita et de soleil Sardes, on décore ce joli plat avec quelques mélodrames aisément surmontés par notre fière tribu. Et on s’apprête à dévorer Quand le requin dort. 

Si partir d’une recette et la décliner à l’infini peut réjouir les fans de la première heure, enthousiastes à l’idée de se plonger dans le dernier Milena Agus,l’effet de déjà-vu d’un livre à l’autre peut lasser. Entre La Comtesse de Ricotta et Quand le requin dort, les personnalités des protagonistes sont trop proches pour susciter la surprise et l’envie de gratter le vernis de ces personnages baroques. Ce qui tombe plutôt bien si on considère que l’histoire prime sur la consistance psychologique des personnages.

On notera au passage une particularité assez étonnante dans les livres de Milena Agus : l’érotisme y pénètre toujours de façon fracassante, comme par effraction, s’impose sans subtilité et prend parfois une tournure dérangeante. Campées au milieu des drames familiaux et des ruptures amoureuses, ces scènes, décrites avec un vocabulaire cru, créent desruptures avec le reste du livre.

Quand le requin dort est un bon livre, à conseiller pour découvrir l’univers poétique teinté de tristesse de Milena Agus. Dommage que l’auteur use jusqu’à la corde un filon certes sympathique mais qui ne mérite pas un traitement aussi récurrent.

JE VOUS LE CONSEILLE SI…

… vous aimez les histoires légères mais pas forcément rose-bonbon, les femmes, l’amour, l’humour et… le sexe torride.

EXTRAIT :

Le message est beau, mais le style n’est-il pas un peu lourd avec trois fois le verbe “savoir” en deux phrases, le pronom “elle” à n’en plus finir? Mais impossible de juger sur une traduction, il faudrait lire en version originale!

Je sais qu’elle est partie sans désespoir, ni colère. Je sais que les derniers temps elle avait semblé forte parce qu’elle savait que ce serait bientôt fini. Simplement, elle a compris qu’elle était de celles qui ne s’en sortiraient jamais et elle s’est enfuie de la vie comme elle se sauvait du cinéma quand les scènes étaient trop dures pour elle.

 

chroniqué par HélèneChoco 

 

Par Administrateur - Publié dans : Femmes d'Europe du Sud - Communauté : La littérature au féminin
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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 19:05

Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d'un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu'elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère. Mais Anna ne tarde pas à comprendre qu'elle a été beaucoup plus qu'une employée et que son grand-père, peintre célèbre, l'a profondément aimée.

                                   l-armoire-des-robes-oubliees.jpg 

Ce roman avait tous les ingrédients pour me convenir et pourtant la mayonnaise n’a pas prise. Et franchement, je vais avoir du mal à vous dire pourquoi …

Je ne me suis attachée à aucun membre de cette famille, ni même à EEVA.  Pourtant pour des raisons totalement personnelles, c’est d’elle dont j’aurais pu me sentir la plus proche…Non, rien de rien, je n’ai rien ressenti à la lecture de ce roman. Je suis passée complètement à côté !!!

 

Finlande

chroniqué par Anjelica

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Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 19:01

Londres, juin 1940. Le « suicide » par défenestration d'une star déchue du muet ne convainc pas l'inspecteur Ted Stratton. Ignorant le véto de ses supérieurs, il continue de mener son enquête, qui va rapidement croiser celle de l'élégante Diana Calthrop, recrutée par le MI5 pour infiltrer un groupuscule pro-nazi. Mais le supérieur de Diana, le puissant Sir Neville Apse, est-il au-dessus de tout soupçon ? Stratton et la jeune femme comprendront-ils à temps que les intérêts des Services secrets et ceux de la pègre londonienne peuvent parfois concorder ? La Guerre de Stratton nous plonge dans l’atmosphère oppressante de la capitale londonienne pendant le Blitz, une période que Laura Wilson connaît bien et qu’elle évoque à la perfection.

                                       la-guerre-de-Stratton.jpg


 

Ce roman est réellement un polar anglais. On y retrouve bien les éléments qui font leurs succès. Dans ce roman, la première chose que l’on ressent, c’est l’atmosphère de Londres sous les bombardements. C’est vraiment très bien rendu, on s’y croirait ! Le deuxième point positif, c’est le personnage de STRATTON. Un policier « ordinaire » qui aime son métier, qui est droit dans ses bottes dans la mesure du possible… Un policier qui aime sa femme et sa famille pourtant ce n’est pas toujours une sinécure…

Et que doit faire ce policier quand sa perspicacité et sa ténacité, l’emmène à travailler avec le pouvoir militaire et les services secrets…Que faire quand leurs intérêts ne font pas bon ménage avec les siens, avec la vérité vraie… ?

Le personnage du colonel, reste suffisamment secret pour être crédible et d’ailleurs l’auteure, bien documentée, s'est appuyée sur un réel agent secret des services anglais.

Le personnage de Diana CALTHROP m’a déconcertée, je n’ai pas réussi à apprécier et à comprendre cette femme…

Reste l’énigme, parfois tout à fait crédible, parfois un peu trop alambiquée à mon goût …Reste qu’il est intéressant de voir les choix qui sont fait par les instances supérieures lorsque des intérêts qui nous dépassent sont en jeu…Par contre, je n’ai pas trop aimé que l’auteure laisse sous-entendre que le colonel par certaines décisions prises, défendent également un de ses secrets …

Une bonne découverte dans ce genre, même si les polars anglais sont quelquefois un peu trop « ambiance » pour moi…

J'ai offert ce livre à Manu lors du swap "Eternel féminin" et cela m'avait donné envie de le lire également. Au final, sans nous concerter, nous l'avons lu presque en même temps !

Vous pouvez lire son avis enthousiaste, ici et un autre avis ici, où j'avais découvert ce polar. 

Je pars quelques jours me reposer, un peu plus au Sud, au milieu des vignes et pas très loin d'un bord de mer. Je vous retrouve dans quelques jours...

 

Par Administrateur - Publié dans : Femmes d'Europe de l'Ouest - Communauté : La littérature au féminin
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Jeudi 17 mai 2012 4 17 /05 /Mai /2012 17:14
Le temps d'un été, dans un cahier bordé de roses, Eva se souvient... Elle raconte cette relation à sa mère, le triangle formé avec son père, impuissant à contenir les errances et les violences psychologiques de cette mère que l'on qualifierait sans doute en psychologie de "mère toxique". Elle évoque son enfance de petite fille malmenée, dévalorisée par sa mère. Avec le recul, on découvre l'ambivalence de ses sentiments, le développement de sa face blanche et de sa face noire, signes d'une enfant prise dans des forces violentes qui la dépassent, qu'elle ne comprend pas bien, et qui la dominent à certains moments. Je ne vous dirai pas qui est Buster, vous découvrirez vous-même qui est ce confident si vous acceptez de vous prendre par la main (et par les tripes) pour suivre le destin d'Eva.

Mais ce livre ne raconte pas seulement cette relation mère-fille. Tout au long de l'été, les femmes de Frillesas, le village côtier où habitent Eva et Sven est traversé d'autres douleurs, d'autres révoltes, d'autres violences vécues par des femmes. Suzanne est en plein divorce, trahie par l'homme dont elle croyait ne jamais douter de l'attachement. Irène, qui devient petit à petit démente, est abandonnée par sa fille dans une maison de retraite maltraitante. Gudrun compense les frasques de son mari par une boulimie envahissante. Petra chasse son mari de la maison familiale et conquiert sa liberté. Des femmes qui cherchent douloureusement l'indépendance ou qui vivent l'amour maternel comme un buisson d'épines.

Les épines: il en est beaucoup questions dans ce roman, puisque Eva cultive avec amour des milliers de roses dans une roseraie menacée. Les épines, celles qui s'enfoncent dans le coeur quand on découvre que l'amour n'a été qu'une illusion. Celles qu'Eva s'enfonce dans la main pour s'immuniser contre la douleur.

Ce roman est vraiment très riche de toutes ces thématiques, pas seulement féminines : Maria Ernestam érafle au passage la politique sociale suédoise envers les personnes âgées, le racisme ambiant dans le pays, jusqu'à ce petit village de Frillesas, dont elle croque la vie et les personnages avec jubilation.

La construction du récit, les retours en arrière, les ralentissements, les ruptures traduisent les peurs d'Eva face à ces souvenirs en train de crever la surface, et ménagent le suspense jusqu'au bout. Je croyais avoir deviné certaines choses, alors que j'étais à côté de la plaque, et j'ai été bluffée par une certaine révélation apparue fin juillet ! Et c'est au mois d'août, au moment où la lumière commence à baisser rapidement en Suède, que les ombres d'Eva s'éclairent définitivement et que le roman s'achève.

Un seul petit bémol : j'ai trouvé que le début de son histoire d'amour avec John sonnait vraiment comme un roman à l'eau de rose (décidément, elles sont partout ces fleurs) et cela m'a franchement agacée sur le moment, cela a failli ralentir ma lecture, mais ce parti pris (si c'en était un) pouvait finalement se comprendre. Car après, je n'ai plus lâché le récit d'un pétale !

Un roman de roses et de mots étouffés, étouffants. A découvrir !

"Nous étions tous les deux dans l'herbe, avec nos rêves périmés et nos espoirs amoindris. J'ai vu notre maison peinte en leu, le pantalon de Sven à l'ourlet élimé, ses sourcils aux poils indomptables. J'ai vu des éclats de ciel dans ses yeux et deviné la senteur des roses. J'ai su que je faisais ce que je pouvais, et que ça ne donnerait rien de plus. Ni plus ni moins. J'ai tué ma mère, et j'ai survécu." (p. 57-58)

 

chroniqué par Anne


 Europe du Nord : Suède
Par Administrateur - Publié dans : Femmes d'Europe du Nord - Communauté : LECTURES PARTAGEES
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Pages

Présentation

Challenge "Femmes du Monde

 

 

Afrique 

 

Bâ (Mariama) - Une si longue lettre

Diome ( Fatou) - Celles qui attendent (France et Afrique)

 

Amérique

 

D.Wall (Carolyn) : Aurora, Kentucky par Opaline                  Etats-Unis

Desjardins (Sergine) - Robertine Barry, la femme nouvelle Québec

Hustvedt (Siri) - Un été sans les hommes                               Etats-Unis

Phillips (Jayne Anne ) - Lark et Termite                                  Etats-Unis 

Stockett (Kathryn) - La couleur des sentiments                     Etats-Unis 

Zoé Valdès - Le roman de Yocandra                                       Mexique

Valdès (Zoé) - Louves de mer 

 

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Chi Li - Trouée dans les nuages                                         Chine

Djavann (Chahdortt) - Je ne suis pas celle que je suis  Iran

Ogawa (Yoko) - La marche de Mina                                     Japon

Tawada (Yoko) - L'oeil nu                                                       Japon/Allemagne 

Thu Huong (Dong) - Sanctuaire du coeur                          Vietnam 

 

 

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Agus (Milena) - La comtesse de Ricotta

Agus (Milena) - Quand le requin dort                                           Italie

  Baldursdottir (Kristin Marja) - Chaos sur la toile                     Islande

 Laurence Cossé - Les amandes amères                                   France

Ernestam (Maria) - Les oreilles de Buster                                 Suède

Ali (Monica) - Sept mers et treize rivières                                  Angleterre/Bangladesh

Hagena (Katarina) - Le goût des pépins de pomme              Allemagne 

Keegan (Claire) - Antarctique                                                        Irlande 

Oksanen (Sofi) - Purge                                                                    Finlande/Estonie 

Oksanen (Sofi) - Purge par Hélène                                               Finlande/Estonie 

Sebbar (Leïla) - Fatima ou Les Algériennes au square            France/Algérie 

Pukkinen (Rikka) - L'armoire des robes oubliées                    Finlande 

Wilson (Laura) - La guerre de Straton                                       Royaume-Uni 

 

Océanie 

 

         Harnett (Sonya) - L'enfant du fantôme               Australie

 


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